Les pratiques culturales du Potager
Les pratiques culturales du Potager
Paillage des allées avec du broyat de bois
Les associations de culture sur une même planche
Le Potager du Bono est en cours de labellisation BIO, mais mes pratiques sont beaucoup plus ambitieuses que ce que le cahier des charges BIO nous impose.
Je respecte la saisonnalité des légumes, les serres froides et les voiles de protection me permettent d’allonger la période de culture.
J'utilise principalement des semences paysannes car elles sont reproductibles. Chaque année, je vais faire au maximum mes propres semences pour que les légumes soient plus adaptés à notre région et à mes techniques culturales.
Je favorise la biodiversité grâce à la plantation d’arbres fruitiers et de haies multi-étagées, la mise en place de nichoirs pour les oiseaux, la création de mares, la plantation de fleurs, la création de zones "sauvages" sans intervention humaine, la mis en place de haies sèches et l'incorporation d'engrais verts dans la rotation des cultures...
L’eau est utilisée avec parcimonie, l'arrosage des planches de culture se fait grâce à l'utilisation de goutte à goutte. Pour garder l’humidité dans le sol, les planches de cultures sont recouvertes soit de paillage organique (paille, foin, fumier pailleux, broyat), soit de toiles tissées réutilisables sur plusieurs années. L'ensemble des passe-pieds est paillé avec du broyat de bois.
Je pratique le Maraîchage Sol Vivant (MSV) qui se définit par une bonne activité biologique des sols, une bonne porosité et un bon flux de nutriments dans le sol. Cette qualité de la vie du sol est atteinte grâce au non-travail du sol (pas de labour) et apports de matières organiques importants (fumier, paille) qui nourrissent la vie du sol.
En plus de créer un sol fertile et riche en nutriments, le MSV permet de conserver du carbone dans les sols, en limitant son relargage et en augmentant le stock interne du sol. C’est donc une méthode agricole novatrice, à la fois productive et qui contribue à limiter le réchauffement climatique.
J'utilise de façon modérée le plastique. A moyen/long terme, j'espére le bannir totalement de la ferme.
Production de certains plants de légumes pour le potager
Auto production des boutures
Récolte des semences pour l'année suivante
Optimisation de l'espace grâce à un plan précis
En vue de pérenniser ce modèle de production de micro-ferme maraîchère tout en alliant ergonomie et conditions de travail, j'ai suivi la formation de Maraîchage bio-intensif de Jean Martin Fortier.
Je vais vous exposer les grands principes de cette méthode:
-Tout est cultivé à petite échelle !
Ce sont bien des jardins que je cultive, j'ai 8 jardins de plein champ (chaque jardin fait 240 m²) et 450 m² de serre (pour l'instant) et pépinière.
Une petite surface rend le travail du maraîcher moins pénible et plus efficace dans de nombreuses tâches quotidiennes. Les distances sont réduites, tout est « visible » ainsi la moindre anomalie est vite remarquée.
-L’intensification des cultures !
Je cherche à maximiser le rendement sur une surface de culture ! Cela est possible car je cultive tout simplement de façon plus dense que la moyenne et en associant plusieurs cultures sur cette surface. Les cultures sont plus rapprochées.
Le calendrier de production est réalisé de façon précise en début d’année. Il permet de réaliser plusieurs récoltes successives sur un même espace. La planification des cultures est essentielle dans cette méthode.
L’intensification permet de réduire le temps de désherbage (une charge de travail considérable pour le maraicher). En effet, en poussant les légumes forment une canopée et empêche les indésirables de pousser. Cette canopée permet aussi de conserver l’humidité du sol.
Ainsi je concentre sur une petite surface les apports : en fertilisation, en matière organique (compost, broyat etc…), et en eau !
Cette technique était déjà employée par les maraîchers parisiens au 19ème siècle.
-Planches permanentes !
Chacun des 8 jardins est séparé en 10 « planches permanentes ». Ces planches sont légèrement surélevées, elles forment des buttes. Elles sont enrichies en matière organique au départ puis régulièrement. Elles sont ameublies sans retournement grâce à une grelinette qui aère le sol en profondeur.
-Pas ou peu de travail du sol !
Cette petite surface permet de se passer du machinisme et de consommer moins d’énergie fossile. Un motoculteur suffit et peut être utilisé si necessaire afin d'effectuer un travail du sol en surface avant les plantations et les semis. Ensuite tout le reste du travail est fait à la main : semis, plantation, entretien, désherbage, récolte…
Cette méthode a également recours à l’occultation avec des bâches pour détruire une culture avant de passer à la suivante, ou simplement pour gérer l’enherbement.
Enfin, je cultive des engrais verts : des cultures qui n’ont pas vocation économique car je ne les vends pas ! Elles ont un intérêt pour le sol : décompactante, nettoyante, pour casser un cycle de ravageurs … leurs rôles sont variés. C’est à chaque fois un apport en matière organique important puisque la culture est broyée et laissée sur place sous forme de mulch : une biomasse qui enrichit le sol, augmente sa fertilité, et la vie qui s’y trouve.
L’apport régulier de matière organique, les engrais verts, et un travail du sol limité permettent d’atteindre un objectif : avoir un sol vivant.
-Standardisation et design réfléchis !
Aux jardins tout est standardisé : les planches font toute la même taille en plein champs et sous serre. Cela permet de gagner du temps dans l’utilisation des bâches, des voiles de forçage ou encore des filets anti-insectes. Les opérations de calcul sont simplifiées car la référence est toujours la même.
Le design même de l’atelier est réfléchi pour être le plus pratique et efficace possible. Tout est centralisé pour gagner du temps dans les déplacements entre les jardins, la serre, la pépinière de plants, le hangar de stockage du matériel, et la station de lavage et de stockage de légumes. Ensuite, au sein de chacun de ces lieux une même ergonomie s’applique.
Enfin, les itinéraires techniques des légumes sont eux-mêmes réfléchis pour être le plus efficaces : des semis à la plantation, en passant par l’entretien d’une culture comme le palissage, ou encore la récolte, le désherbage sans oublier le lavage et le conditionnement !
Chaque minute économisée se répercute en heures à la fin de la semaine, et en jours à la fin de l’année. Autant de jours qui peuvent servir à produire plus ou simplement à souffler !
-Des outils 2.0
Dans ce système on ne lésine pas sur le bon matériel. Il n’est pas question d’être trop équipé, mais d’être bien équipé. Binettes sur roue, sarclettes, semoirs, râteau, planteuse, sacs de récoltes, brouettes … Tous les outils sont manuels (en dehors du motoculteur). Ils sont efficaces, performants et créés pour ce genre de système.
Chaque outils a un rôle particulier, et essentiel dans la réussite des cultures.
L’accès à l’eau est également primordial, son automatisation permet de gagner énormément de temps au quotidien, et de gérer de façon plus pointue l’arrosage des cultures.